L’islamophobie continue de croitre en France en 2018. Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a rapporté 676 incidents islamophobes en 2018 contre 446 en 2017 (soit une augmentation de 52%). Parmi ces 676 incidents, 20 concernent des attaques physiques (3%), 568 des discriminations (84%) et 88 des discours de haine et insultes (13%).

L’islamophobie n’est pas déconnectée des autres formes de racisme tel que le sexisme. Le CCIF remarque que près de 70% des victimes du racisme antimusulman sont des femmes. Dans son rapport 2018 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) souligne le parallèle entre les actes islamophobes et le rejet des valeurs féministes et laïques. En d’autres termes, l’islamophobie ne concerne pas seulement les musulmans mais aussi les femmes, les valeurs du vivre-ensemble et tout ce qui est perçu comme «autre» de façon générale. L’islamophobie en France repose donc avant tout sur une idéologie de rejet et un imaginaire nationaliste d’extrême droite et non sur la défense de la liberté et de la laïcité comme le prétendent beaucoup d’islamophobes.

En 2018, l’islamophobie s’est illustrée par des attaques violentes contre des femmes musulmanes, l’émergence de groupes terroristes d’extrême droite et la détérioration du débat public à l’égard des musulmans. En guise d’exemple, il est possible de mentionner l’agression physique d’une jeune musulmane dans les rues de Lille par des membres du groupuscule d’extrême droite Génération Identitaire; la dissolution du groupe terroriste AFO qui planifiait des attaques de grandes ampleurs contre des civils musulmans; ou encore l’utilisation de l’expression «guerre civile» par de nombreux polémistes dans des débat ayant pour sujet l’islam et les musulmans en France.

Enfin, les attaques récurrentes sur le territoire français de la part de terroristes musulmans ainsi que les politiques de contre-terrorisme remettent en cause les droits fondamentaux des musulmans. En visite en France en mai 2018, la rapporteuse spéciale pour la promotion et la protection des droits de l’homme et des droits fondamentaux, Fionnuala D. Ní Aoláin, s’inquiétait «de voir la minorité musulmane être perçue en tant que telle comme un groupe suspect.»

PDF: L’islamophobie en France Rapport National 2018